La boucle de Quilotoa

Récits de voyage > journal de voyage
Equateur - Latacunga - Boucle de Quilotoa
de Guerric et Sylvie, le 09-07-2009

La boucle de Quilotoa

Nous sommes de retour a Latacunga apres la tentative du Cotopaxi. Un peu de repos est le bienvenu car demain, on part pour 3 jours pour faire une petite ballade dans les hauts-plateaux (appeles "paramo") a l'ouest de Latacunga, dans un endroit considere par le guide LP comme l'un des plus beaux d'Equateur. Le but est aussi d'arriver jeudi matin au village de Saquisili, pour assister au marche local, qui comme beaucoup n'a lieu qu'1 jour par semaine, et qui est considere comme l'un des plus importants du pays. On fera donc une boucle en passant par plusieurs villages, dont le point central sera celui de Quilotoa.

On part donc le lendemain (en meilleure forme) en bus pour le village de Zumbahua. Deux heures de trajet dans un bus plein a ras-bord, beaucoup de gens (essentiellement des indigenes) sont debouts, les hommes avec des sacs a la main, les femmes avec des bebes dans le dos. Il y en a d'ailleurs un qui atterit presque sur mes genoux. La route s'eleve pour atteindre les 3000 metres. On arrive a Zumbahua, ou il n'y a finalement pas grand chose a faire. C'est un petit village, entoure de hautes montagnes, avec de nombreux champs cultives sur les versants des collines. A partir d'ici, il faut soit attendre un eventuel bus, soit prendre un pick-up pour atteindre Quilotoa. En se balladant dans le village, on se fait accoster par plusieurs conducteurs de pick-ups, le probleme du transport est donc vite resolu. On grimpe sur la plateforme arriere d'un pick-up, et on part a fond. Ca nous rappelle un peu le stop en Argentine, dans les Vallees Calchaquies. On est bien secoues, cheveux au vent a l'arriere, sur la piste qui nous emmene a Quilotoa. C'est un tout petit village, qui ne comporte qu'une seule rue. Les gens, surtout les femmes, sont habillees de maniere traditionnelle, une jupe qui s'arrete au niveau des genoux, un chale tres colore, et un petit chapeau de feutre avec une plume de paon. La curiosite principale ici est la lagune de Quilotoa, un lac qui s'est forme dans le cratere d'un volcan eteint. Et on decouvre que le village est directement construit sur le versant du cratere, et que depuis le haut de l'unique rue du village, un mirador donne directement sur le lac. Celui-ci est immense, et occupe tout le fond du cratere, ses eaux sont de couleur bleu-vert. Meme en s'y attendant, meme apres plus de 5 mois de voyage, la vue de ce lac impressionne. On a un peu de temps, ce n'est que le debut de l'apres-midi, alors on va descendre au fond. Mais avant, on s'installe chez Manuel, dans l'un des rares et sommaires "hotel" du village. On est d'ailleurs les premiers a s'installer dans le nouveau batiment qu'il a construit. C'est tres simple, il n'y a pas encore d'eau, et a 3850 metres d'altitude, sans chauffage, il fait bien froid. On va alors descendre dans le fond du cratere, en suivant un chemin assez pentu et plutot glissant, sur la pierre et le sable. Apres 45 minutes de descente plus ou moins controlee, on arrive au bord du lac. Il y a une petite plage, mais on ne va pas se baigner pour autant!!! Et il faut ensuite amorcer la dure remontee, 1h30 penible a cause de l'altitude et des gravillons du chemin. De retour en haut, il faut attendre environs 19h30 pour manger chez nos hotes. On regarde des gens du village jouer a une sorte de volley-ball a 3 contre 3, c'est tres populaire en Equateur. La nuit tombe, on va se rechauffer aupres de l'unique poele, dans la maison de Manuel, rejoints par un couple de danois qui loge aussi ici, et on passe une partie de la soiree a discuter avec eux et Manuel.

Le lendemain, on se leve pour faire la randonnee qui nous menera de Quilotoa au village de Chugchilan. Le trajet est plutot bien decrit dans le guide, et est normalement indique. Sauf qu'aux bords du cratere, les guides locaux ont enleve les signes pour que les touristes fassent appel a eux. C'est pas grave, on part avec le guide en poche, et on commence a longer le bord du cratere, avec en vue sa belle lagune. Plusieurs groupes font egalement cette rando, consideree comme la plus belle du pays. Apres 30 minutes de marche, on arrive a une intersection ou un enfant indique que le village de Chugchilan est par la. Des groupes prennent ce chemin. On rencontre alors Matthias, un suisse, et nous sommes plutot hesitants sur le chemin. On decide de continuer le long du cratere et de ne pas suivre les indications de l'enfant. On a bien fait, on arrive un peu plus tard sur le bon embranchement que l'on emprunte. Les autres se sont fait avoir. On descend le long du volcan eteint de l'autre cote de la lagune, et apres un moment, on arrive au village de Guayama. Il est midi, on a un peu faim et pas de provision. Il n'y a pas d'endroit dans le village pour prendre un almuerzo, mais on tombe un peu par hasard sur un habitant qui nous emmene devant chez lui, ou sa famille installe un grand rechaud a gaz et commence a cuisiner pour nous des pommes de terre frites, des galettes, des oeufs et une salade de tomates et echalottes. On fait un bon petit repas improvise, en discutant avec cet homme qui nous explique ce qu'il cultive dans les environs: pommes de terres, orge, feves,... On est surpris par tout ce qu'il prepare a manger, mais il nous apprend qu'il y a en fait une sorte de reunion de village, et qu'on est juste tombes au bon moment !!! D'autres groupes de voyageurs passent mais ne s'arretent pas. On repart tranquillement et on atteint assez vite le bord d'un ravin, avec au loin, de l'autre cote de ce ravin, notre destination, le village de Chugchilan. On hesite a nouveau un peu sur le chemin a suivre: doit-on descendre le ravin (ce qui correspondrait a la description du guide) ou continuer a le longer (ce qui nous eviterait une belle descente et la remontee qui suit)? Un groupe de touristes allemands est la avec un guide equatorien qui nous interpelle et nous indique le deuxieme chemin. On hesite, on part un peu mais on est mefiants. On s'arrete pour voir ou va son groupe. Deux personnes arrivent alors, des locaux, on leur demande le chemin et ils nous disent qu'il faut descendre le ravin. On rebrousse chemin un peu furax, et on tombe sur le guide qui nous dit: "desole, je me suis trompe, le bon chemin, c'est par en bas" . Tu parles que tu t'es trompe, un guide qui connait pas le chemin, ce serait une premiere !! En plus, par la suite, on se rendra compte qu'il connait des raccourcis. Enfin, l'essentiel est d'etre sur le bon chemin. On attaque la descente, tres pentue et tres glissante et on remonte ensuite a Chugchilan, une belle pente et on arrive enfin apres toutes ces aventures a destination. On s'installe dans un chouette hotel, ou des enfants du village viennent avant le repas nous presenter, en costume, qq danses traditionnelles, c'est sympa! Puis, on mange dans une grande salle et on discute avec deux allemands qui ont passe la nuit precedente a camper au fond du cratere, au bord de la lagune de Quilotoa. Et surtout, on organise le lendemain. En effet, pour etre a Saquisili au marche, il n'y a qu'un bus par jour depuis Chugchilan, a 3h30 du matin!!!!

HHaaaarghhh, lever a 2h30 du matin. Il faut etre au bus de 3h30, et on a peur qu'il y ait beaucoup de monde. Effectivement, le bus est quasiment rempli de touristes qui vont comme nous a Saquisili, justement le jeudi matin (y'en a certainement moins les autres jours). Au fur et a mesure, le bus se remplit de locaux, et on arrive a 6h30 a Saquisili, ou on debarque a cote de l'un des marches. Il y a plusieurs marches, chacun sur une place differente, et on en visite quatre en compagnie de Mathias, le suisse avec qui on a partage une partie de la rando hier. Il y a des stands pour manger, des legumes, des fruits, des morceaux de sucre de canne, des vetements, du poisson, des graines, du pain, de la tete de cochon, bref un peu de tout. Il n'y a malheureusement pas de marche aux animaux a cause de la grippe aphteuse. Pas de cochons, boeufs, lamas et autres. Seulement des poulets, des cochons d'inde (une specialite au Perou et en Equateur), et quelques canards. On passe environs trois heures a marcher dans la ville, a aller de marches en marches. Tous les habitants des villages alentours debarquent soit en pick-up, soit en bus, et il y a enormement d'animation. Les gens achetent, discutent, marchandent... et nous sommes envahis par la foule, le bruit, les couleurs, les odeurs.... Au bout de ces trois heures, on a un peu fait le tour, et Matthias nous quitte pour prendre le bus pour Latacunga et ensuite Baños. Nous, on se dirige vers un batiment pour y retrouver Lea, une francaise que l'on a rencontree au marche de Latacunga le samedi precedent. Elle est en stage de fin d'etudes pour quatre mois a Saquisili et fait un diagnostique des pratiques agricoles de 7 communautes du "paramo", qui vivent donc entre 3500 et 4000 metres d'altitude (elle a passe 1 semaine dans chacune d'elles). On la retrouve a son bureau, on discute un peu et elle nous explique son travail et comme elle est completement dans la vie locale, on apprend pas mal de choses sur la vie dans les hauts-plateaux, et les problemes agricoles.... 2 de ses collegues decident de preparer un petit repas a l'improviste, et nous invitent! On sort alors faire les courses au marche. On prepare ensemble un repas typique de la ville d'Ambato nomme le Llapingacho: tortillas de patates et fromage, riz, salade de betteraves et carottes, avec des salchichas (sortes de knackis). Le tout accompagne de bananes frites avec du guacamole, de yuca... et de bieres. On mange avec ses collegues et son chef. En milieu d'apres-midi, ses collegues nous raccompagnent a Latacunga en voiture. Sympa de discuter avec des gens du coin, et surtout ca a ete une super experience pour nous de cuisiner avec des equatoriennes, et de connaitre Lea, on a partage beaucoup avec elle. Encore bonne route a toi Lea, profite encore bien de l'Equateur, et j'espere a bientot en Alsace!! Ca a ete trois belles journees avec de chouettes rencontres.

retour aux autres articles du journal

 

Commentaires sur cet article

Ajouter votre commentairee

Dernieres actualités
28/07/2009 : Lima, la Cuidad de los Reyes
24/07/2009 : La ville ou les iguanes sont des stars
20/07/2009 : Montañita, le Saint Tropez equatorien
16/07/2009 : Puerto Lopez, ses majestueuses baleines
14/07/2009 : Visite de Quito
11/07/2009 : Le marche d'artisanat d'Otavalo
06/07/2009 : Le Cotopaxi manque
03/07/2009 : Baños, ville d'eau...
28/06/2009 : Foret d'emeraude et bains de boue en territoire shuar
24/06/2009 : Sur la route de la Sierra
21/06/2009 : La vallee de la Longevite
18/06/2009 : Les vacances au bord du Pacifique
14/06/2009 : Les Seigneurs de Sipan
13/06/2009 : Retour sur la cote nord du Perou
12/06/2009 : Dans la cordillere blanche


Autres liens :

Tags
Equateur - Quilotoa - La boucle de Quilotoa - Latacunga - Boucle de Quilotoa -