| Arrives a Latacunga, 2800 metres d'altitude en plein centre du pays, et point de depart pour le Parc National Cotopaxi et la boucle de Quilotoa, on commence par se renseigner pour Cotopaxi, 2e plus haut sommet d'Equateur (5897 metres), volcan actif. J'avais perso pense a tenter l'ascension il y a qq temps, puis on s'est dits qu'on n'y arriverait surement pas, et on a laisse tomber cette idee, pour plutot partir nous memes dans le parc, s'y ballader et y camper une nuit. Comme il n'y a pas vraiment d'office du tourisme a Latacunga, on va dans une agence qui va nous donner les renseignements que l'on souhaite, sans que l'on ait recours a ses services par la suite. Elle commence par nous detailler le programme d'1 journee au parc, puis nous parle de l'ascension en 2 jours (en fait c'est 24h, depart midi, retour midi le lendemain), et c'est la que l'idee revient. Les 2 agences que l'on voit nous garantissent que c'est faisable, en marchant lentement (1 guide pour 2 personnes), meme pour des debutants.... Comme on en avait envie, on se laisse tenter, et on part des le lendemain. Concernant l'acclimatation, on pense que ca ira, car on est montes a 5000 metres pour voir les geysers dans le Sud Lipez en Bolivie, en plus de tous les jours que l'on a passes aux environs de 4000 metres, notamment en Bolivie, et on n'a jamais ete malades. Sergio, notre jeune guide de 26 ans, a une centaine d'ascensions a son actif, et nous amene dans le parc, grand de 33 393 ha, avec le majestueux Cotopaxi au sommet bien enneige qui le domine (enfin on ne voit pas le sommet car il est tout dans les nuages...), au milieu de vastes plateaux (assez desertiques, il faut le dire) appeles ici Paramo. On va faire un tour au petit musee de l'entree, puis a la Laguna de Limpiopungo, il y a de jolies fleurs roses, des roches volcaniques un peu partout, et des chevaux sauvages. Au loin, les autres sommets des volcans Rumiñahui et des Illinizas. Nous sommes deja a 3800 metres. Et il ne fait pas tres beau.... vent et bruine. On arrive au parking, a 1h de grimpette de l'unique refuge ou l'on va passer la nuit, a 4800 metres. Le parking est 300 metres plus bas, et on chausse les chaussures pretees par l'agence (qui nous a aussi fourni plein d'autre materiel comme cagoule, lampe, gants, veste, surpantalon, gaines, crampons, et harnais). Le terrain est terreux et sablonneux, et la pente monte a au moins 45 degres, et y'a plein de vent et encore de la bruine de glace... Avec 2 sacs a dos chacun, on galere, et on marche courbes, l'un derriere l'autre, a tout petits pas. Arrives au refuge, on n'y trouve presque que des quadragenaires (hommes), sauf les guides, de plusieurs nationalites, et on devine bien que pour eux, ce n'est pas la 1e montee.... ca caille comme tout dans ce refuge, on n'a plus eu si froid depuis le sud lipez, et ce n'est pas tres agreable... le temps change tres vite, et si a un moment on apercoit le sommet du volcan, ca ne dure pas, il est vite a nouveau immerge dans les nuages. On dine vers 17h45, et au lit a 19h (grands dortoirs), car le reveil est prevu a minuit, et le depart a 1h du mat.... seulement Guerric est malade, fievre et tremblements.... il se tate pour venir pendant que je vais prendre le ptit dej, et decide finalement de ne pas venir, ce qui dans son etat etait la meilleure chose a faire. Je pars donc seule avec Sergio, mais je ne me sens pas tres bien non plus, j'ai un peu envie de gerber.... ptit dej ou mal de l'altitude, je n'en sais rien, en tous cas nous partons les derniers, la nuit est belle avec plein d'etoiles et la pleine lune.... mais il y a tellement de vent qu'on est obliges de marcher courbes pour maintenir un equilibre, je ne profite pas donc tellement du paysage etoile sur la pente raide du Cotopaxi (environs 60 degres). C'est dur, je m'arrete souvent, Sergio m'a fait tenir un piolet (apporte au cas ou) qui me sert de canne (un peu basse), mais avec le vent et envie de gerber, pas facile, je sens plein de fois que je vais faire demi tour, mais une fois arretee pour respirer ou assise, ca va mieux et je repars....jusqu'au moment ou l'on se remet en marche et que l'envie de gerber me reprend chaque fois. Le sommet est dans les nuages, il fait un temps pourri des qu'on atteindra la neige; l'ascension va encore durer plusieurs heures, et je sais que de toute facon je n'y arriverai pas... alors je finis pas laisser tomber, dommage car si j'avais ete en pleine forme, je serais allee bien plus loin.... Sergio me felicite, mais moi j'ai honte de n'avoir atteint que 5050 metres, sur les 5897... on devale la pente pour rentrer, et bien sur, on est les premiers. Mais 1h plus tard apres nous etre recouches, un autre groupe rentre... puis au petit matin, les groupes rentrent les uns apres les autres, certains sont arrives au sommet, mais ca a ete tres tres dur avec brouillard, neige, vent, et n'ont quasimment rien vu du cratere tellement c'etait couvert, et d'autres (la majorite) ont renonce avant, mais sont alles bien plus haut que moi, et ont marche 4 a 5h. Bref, le Cotopaxi ne restera pas un grand souvenir pour nous, on est assez decus, mais on aura apprit qu'il ne faut pas viser trop haut et que... desormais on a assez marche depuis ces 5 mois, fini les efforts, on va se contenter d'activites cools. Apres le ptit dej, on redescend et j'en profite pour ramasser 2 petites pierres volcaniques, puis Sergio nous fait visiter des coins recules et peu frequentes du parc, mais le vieux 4x4 Toyota a le radiateur qui fuit, et apres une infructueuse tentative de colmatage, on se retrouve a remplir des bouteilles d'eau a chaque rio pour refroidir le moteur avant qu'il nous saute a la figure.... on reussi quand meme a sortir de cet immense parc desertique et a rejoindre Latacunga. Demain, on partira pour 3 jours sur les chemins de la boucle de Quilotoa et de nouvelles aventures. |