Fini le Perou, direction l'Equateur, 5eme et dernier pays de ce voyage. Encore toute une expedition pour y aller: un premier bus le soir jusqu'a Sullana au Perou, ou on attend le bus de la compagnie Loja International avec lequel nous franchissons la frontiere a Macara a minuit. Les formalites sont vite expediees, a cette heure-ci, il n'y a pas grand monde. Nous arrivons a la gare routiere de Loja a 6h du matin et nous enchainons tout de suite avec un autre bus pour Vilcabamba a 1h30 de Loja. Nous sommes au sud de l'Equateur, dans la Sierra du Sud. Et la premiere etape est le village de montagne de Vilcabamba, dans une vallee, a proximite du Parc Podocarpus. L'endroit est connu dans tout le pays comme etant "la vallee de la longevite", les gens y vivant tres vieux. L'ambiance y est tres calme, tres reposante.
On part se ballader un apres-midi dans une petite reserve, appelee Rumi-Wilco, a proximite du village, ou l'on a pu voir notamment de nombreuses especes vegetales, ainsi que des colibris, ces oiseaux brun clairs au long bec, nombreux en Equateur. Le lendemain matin, on marche jusqu'a un point de vue, a proximite de la montagne Mandango, une bonne petite grimpee au milieu d'une multitude de papillons (on en a rarement vu autant). L'apres-midi, on va a une serre pour y voir des orchidees... deception, ce n'est apparemment pas la saison, a part des plantes en pots, il n'y a aucune fleur !!
Troisieme jour, une petite sortie a cheval est prevue. Il y a beaucoup d'agences qui proposent des ballades a cheval ici, et comme je n'en ai jamais fait, autant en profiter. On a bien sur demande deux chevaux tres tres calmes. J'aurais droit a un cheval gris que j'ai tres vite surnomme "Goloso" (Gourmand), car il profitait de la moindre occasion pour s'arreter manger (nous etions predestines a nous rencontrer). L'excursion doit nous emmener dans le parc Podocarpus, parc qui doit son nom a une espece de conifere que l'on ne trouve qu'ici. On part donc avec notre guide Dani qui nous abandonnera d'ailleurs assez vite, nous laissant tout seuls... L'explication: il y a ce week-end une fete religieuse nommee Corpus Christi (avec entre autre des communions), et cela se transforme en grosse soiree a boire autre chose que de l'eau benite!! Et notre guide a apparemment la gueule de bois ce matin. Bref, on se retrouve seuls, nos chevaux connaissant la route, on laisse faire jusqu'a ce que le cheval de Sylvie fasse un caprice et s'enfonce dans des broussailles, particulierement epineuses dans le coin... Heureusement, un autre guide arrive au meme moment pour prendre la releve et remet le canasson sur le droit chemin. Nous allons au parc Podocarpus ou nous grimpons un chemin de terre (quand je dis nous, c'est surtout les chevaux) au milieu des coniferes, sous de grosses toiles d'araignees (vaut mieux baisser la tete, car les araignees sont enormes). Nous nous arretons a midi pres d'une cascade, puis nous rebroussons chemin vers Vilcabamba, tout en admirant le paysage de cette sierra tres verte. Bilan de cette premiere experience a cheval: ca fait mal aux fesses (quand inventera-t-on la selle rembouree ??!!), mais c'est sympa. Il faut maintenant preparer les sacs pour le lendemain et la prochaine destination: Cuenca.
Petite note culturelle: l'argent. Ce n'est pas l'Europe et donc pas de monnaie unique bien utile quand on voyage. Il faut jongler avec les taux de change des le changement de frontiere. Ainsi lors des allers-retours entre le Chili et l'Argentine, il fallait calculer en peso argentin (1€ fait un peu plus de 4 pesos) et en peso chilien (ou la, 1€ fait environs 750 pesos, aie aie aie). En Bolivie, 1€ faisait environs 9 bolivianos. Au Perou, le taux etait un peu similaire a celui du peso argentin, et 1€ faisait un peu plus de 4 Nuevo Soles peruvien. En Equateur, le gouvernement a decide il y a quelques annees d'abandonner la monnaie local (le sucre) au profit du dollar americain, a cause de problemes d'inflations recurrents. Nous payons donc ici en dollars americains, et c'est un peu le bazar: les billets sont americains, par contre les pieces sont a la fois americaines et equatoriennes. Et meme les habitants d'ici n'ont pas l'air de trop s'y retrouver. |