Apres un long, tres long, super long voyage en bus depuis Nazca, nous arrivons au petit matin, legerement dephases, a Huaraz. Ce fut un voyage en plusieurs etapes: depart le dimanche matin de Nazca pour Ica (2 heures), puis correspondance de Ica pour Lima (4h30), et enfin le soir, un bus de nuit pour Huaraz (9 heures). Ce qui represente environs 1/3 du pays, en une fois. Le tout sans quasiment rien manger, mieux que Slim Fast. Un petit mot sur notre premier apercu de Lima: on se serait cru a Harlem. Un peu glauque. Et quand on a demande a une habitante ou on pouvait manger un morceau: "pas loin, il y a une place, mais vous feriez mieux de prendre un taxi". Ouais,... ca en dit long sur la securite dans le coin. Du coup, on n'y va pas et on se contente de 2 Huaybas, des fruits locaux qu'on a deja goute au Canyon de Colca, sorte d'haricots geants contenant des noyaux, et le fruit a manger, c'est une pate blanche autour de ces noyaux. Et c'est bon, si, si!!
Mais Lima sera pour bien plus tard, le present c'est Huaraz, une ville de 100 000 habitants, a 3000 metres d'altitude, coincee entre la Cordillere Blanche (ainsi appelee car ses sommets sont presque tous enneiges) et la Cordillere Noire (ainsi appelee car il n'y a pas de neige). La ville est un endroit repute pour de grandes ballades en montagne, il y a beaucoup de trekking, d'escalade, de lacs de montagnes et de sommets enneiges (comme l'Alpamyao, en forme de diamant, consideree comme la plus belle montagne au monde, rien que ca). Pour nous, ce sera surtout un endroit pour se reposer car on a pas mal enchaine et on est un peu fatigues. On a trouve refuge dans une petite "casa de familia" tres agreable, et pas loin du centre. La ville s'articule, comme souvent, autour d'une place d'armes, et sa cathedrale est en reconstruction suite a sa destruction lors du seisme de 1970. Ca n'a pas l'air d'etre encore la haute saison et on ne croise pas enormement de touristes.
Le premier apres-midi, nous allons a Monterrey, un petit village a quelques kilometres de Huaraz ou se trouvent des thermes. On y va avec des "combis", petits bus locaux d'origine japonaise ou coreenne ou il est difficile d'etendre ses grandes jambes. En fait de thermes, il s'agit d'une grande piscine a l'eau un peu jauneatre due au soufre. Au moins, l'eau est chaude et on y passe un bon moment a se relaxer. Le lendemain, ca se complique un peu, on veut aller voir deux lagunes reputees tres belles, les Lagunas Llanganuco. Ne voulant pas passer par une agence, on prend a nouveau un combi pour la ville de Yungay ou on marchande avec un taxi local pour qu'il nous emmene et nous attende pour le retour. Les lagunes se trouvent dans le parc Huascaran qui englobe presque toute la cordillere Blanche. Apres une bonne heure de route en lacets dans la montagne, on atteint les lagunes, dans une vallee encaissee. Le paysage est magnifique, les eaux des lacs sont d'un bleu et d'un vert profonds. Une petite marche le long des lacs, sous un grand ciel bleu: bel apres-midi. les lacs sont bordes d'arbres appeles "quenual" dont l'ecorce se detache comme du papier.
Pour le lendemain, la matinee commence doucement avec un petit tour au mirador de Rataquena, en haut de Huaraz, d'ou (vous vous en doutez) on a un point de vue sur toute la ville et les montagnes alentour. Apres-midi detente aux thermes de Chancos, un autre petit village sur la route de Yungay, que l'on atteint a nouveau avec les transports locaux. Il y a une piscine, des bains et des grottes naturelles qui font comme un hammam avec des temperatures allant jusqu'a 60 degres. On profite des eaux chaudes, mais on s'embrouille un peu avec le personnel car on n'a pas vraiment compris comment ca marchait. Pas bien grave, on en a quand meme profite.
Une particularite de la region de Huaraz est la presence d'une plante tres speciale que l'on ne trouve guere qu'ici: la Puya Raimondi. Elle ne pousse qu'en altitude, au dela de 3000 metres, peut vivre jusqu'a 100 ans et peut atteindre une hauteur de 15 metres. Les plus grands specimens se trouvent pres de la montagne Pastoruri. Gros probleme: l'acces au Pastoruri est ferme pour une duree indeterminee afin de proteger le site. Mais une agence nous file un bon tuyau sans le savoir: l'acces est interdit aux bus de touristes mais pas aux voitures particulieres. Ni une, ni deux, on decide de partir pour le village de Catac en combi, ou on marchande a nouveau avec un taxi pour aller sur le site. Pres du petit lac Pumapachimi, on peut observer de grands specimens de cette plante hors du commun. Bon, ce n'est pas la meilleure saison, et elles ne sont pas vertes; malgre tout, le paysage est superbe et on doit etre parmi les rares a venir ici, a voir ces Puya Raimondi.
Petite note culturelle: les tremblements de terres. Si au Chili, il y avait beaucoup de volcans, au Perou, ils sont plus rares. Cependant, le pays est sujet a de nombreux tremblements de terres. Le plus recent en 2007 a ravage la region autour de Pisco, un port du sud du Perou. Nous sommes d'ailleurs passe dans les environs en bus lors du long trajet Nazca - Huaraz via Lima. De nombreuses constructions detruites, d'autres delabrees, les consequences du seisme etaient bien reelles. Mais ici, a Huaraz, la region a egalement connu des seismes terribles. En 1970, un violent tremblement de terre a secoue la region, endommageant gravement Huaraz, et rayant quasiment de la carte la petite ville de Yungay (18000 morts). Depuis notre entree au Perou, dans tous les batiments publics, il y a un petit panneau vert indiquant:"Zona segura en caso de sismo", que l'on peut traduire par "Zone sure en case de seisme". Ces phenomenes ne sont pas nouveaux, les Incas les connaissaient et adaptaient leurs constructions en consequence. Ce fut peut-etre aussi un tel phenomene qui a provoque la fin de la civilisation Nazca. |